Violence à l’école, dites-vous ?
By administrator On 17 fév, 2012 At 08:27 | Categorized As Actualités, Non classé | With 0 Comments

Par ZIAD Salah

 

L’affaire de l’agression de l’enseignant agressé dans la wilaya de Relizane a remis sur le tapis l’épineux problème dont souffre l’école algérienne qui s’est transformée en espace d’exercice de la violence dans toutes ses formes. La volonté du ministre de vouloir minimiser l’incident de Relizane, en accusant la presse et le démenti du démenti du premier responsable du département de l’éducation nationale risque de détourner les regards sur le fond de la question. Cependant, les propos du ministre et ceux du CLA appellent quelques remarques. Le ministre ne peut aucunement prétendre qu’il n’est pas au courant que ce mal ronge sérieusement. Dans une précédente déclaration, il s’était même permis d’avancer un chiffre, en affirmant que la violence à l’école touche 1% des élèves. On n’a jamais compris le sens de cette donnée statistique avancée par un ministre censé cultiver la précision eu égard à l’extrême sensibilité de son département. Son taux représente quatre vingt mille élèves si on considère que le nombre d’élèves a atteint le cap de huit millions. Ce qui est plus qu’alarmant. Une simple compilation des déclarations du ministre, et Dieu sait qu’elles sont nombreuses, nous renseigne que Benbouzid, doyen des ministres au niveau planétaire, évoque régulièrement la question de la violence à l’école depuis au moins 2006. Pis, il a, dans une déclaration juste au début de cette saison scolaire, affirmé que l’école est victime de son environnement. Autrement dit, il a reconnu que l’institution scolaire subit au lieu d’influencer son environnement. Par décence, Monsieur le ministre aurait présenté sa démission suite à cette déclaration puisqu’il a reconnu l’inutilité d’une institution qui engloutit chaque année une part considérable du budget de l’Etat. Pire encore, Monsieur Benbouzid, si on se réfère à des comptes rendus de la presse, a assisté à des séminaires internationaux consacrés à cette question. Nous nous posons la question suivante : pourquoi il n’a jamais initié une enquête sur le phénomène ? Pourquoi il n’a pas organisé des états généraux en faisant appel à tous les protagonistes de l’école : les représentants des élèves, ceux des enseignants, les représentants de l’administration et même les associations des parents de l’élève. Une telle rencontre aurait pu permettre à chacun des participants de vider son sac et par conséquent d’établir rapport apaisé entre enseignés et enseignants basé sur le dialogue et la concertation. Mais il se trouve que notre ministre fait partie d’un pouvoir qui ne voit pas d’un bon œil le dialogue qui suppose l’expression libre des préoccupations des uns et des autres.

Et pour cause, ce dialogue, dans le cadre des Etats Généraux, aurait certainement pointé du doigt la situation d’indigence dans laquelle se trouvent nos établissements scolaires. Ces derniers manquent des équipements nécessaires permettant à l’élève, et même à l’enseignant, de s’épanouir, de se sentir dans un cadre accueillant. Nos écoles et lycées, où des millions d’élèves, et des centaines de milliers d’enseignants et d’administratifs, passent le clair de leur temps ressemblent à des lieux d’incarcération. Que Monsieur le ministre descende de son piédestal et se hasarde dans des établissements de l’Algérie profonde pour prendre l’ampleur du dénuement dans lequel se trouve les collèges et les lycées. Chaque jour que Dieu fait, la presse quotidienne relate les difficultés que vivent les élèves, et par conséquent les enseignants, dans divers coins de l’Algérie. Rien que la question du chauffage, posée depuis dix ans au minimum, n’est pas encore réglée. Que dire de la question de doter les écoles et les lycées de connexion internet, à laquelle l’Etat avait dégagé une enveloppe financière conséquente, et qui est encore pendante. Qu’attend le ministre pour s’enquérir sur ses propres décisions ?

Victime des réformes des réformes que s’ingénue d’initier Monsieur le ministre tous les trois quatre ans, l’école algérienne est en plein naufrage. Désormais, c’est à la société, par le biais du mouvement associatif notamment, de la prendre en charge, dans l’espoir de la secourir. Parce que l’actuel ministre, et au-delà le pouvoir à qui il appartient, n’a plus rien à proposer. Et il va de l’avenir de nos enfants et donc de notre pays.

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