Invitation symbolique de Kameleddine Fekhar, d’un oranais en 2018
By administrator On 28 mai, 2019 At 06:25 | Categorized As Actualités, Infos_show | With 0 Comments

kamel avec ses enfants

J’AI FAIT UN RÊVE (COMME IL A DIT, LUI)

Dans un article de presse, j’avais invité symboliquement mon ami Kameleddine Fekhar à venir à Oran, chez lui, lorsqu’il avait eu des déboires avec les grands intellectuels en Ray Ban.

Mais, aujourd’hui, je voudrais avouer un rêve enfantin, de ceux des dissertations emportées des très jeunes lycéens qui, dans leur élan incontrôlé et naïf, veulent partager toute la symbolique d’amour du monde.

J’ai 63 ans et, paradoxalement, je peux faire maintenant des rêves de gamins.

Ce rêve, c’est le sens de mon long combat, il est de pouvoir inviter à Oran, le M’zab, la Kabylie et tous ceux qui se sentent frustrés de quelque chose, en tout cas parce qu’ils l’expriment toujours avec une pointe de regret, de légère amertume, lorsqu’ils s’adressent à moi.

Je rêve qu’une délégation de dizaines de milliers d’algériens vienne de toute part du pays, par avion, par car, par route ou par train vers la cité des lions. Et ne dites pas du Raȉ, je vous en supplie !

Nous referions ensemble, sans les abrutis cette fois, une seconde fête nationale, un nouveau départ avec correction de ce que nous avions certainement du rater. J’avais dix ans mais je n’ai jamais pu supporter qu’au nom de je ne sais quelles idées absurdes on ne puisse pas, enfin, voir de l’avant, en laissant les vieux démons mourir et disparaître à jamais.

Nous descendrions cette très longue avenue de mon enfance qui vient de l’aéroport, celle qui mène à mes chers lions dont je vous bassine depuis si longtemps.

Les tenues folkloriques, de toutes les régions, déchireraient le paysage, accompagnées par les youyous stridents des gens au bord de l’avenue ou sur les balcons.

A ces deux lions, vous pourrez leur parler en berbère et leur dire, ce que j’ai entendu un million de fois, que le nom de la ville veut dire…etc. Ils vous répondront dédaigneusement qu’ils sont nés sous la IIIè république et qu’ils sont francophones. N’y prenez pas garde, ce sont des effrontés mais ils seront heureux de votre présence, jusqu’à trahir une larme.

Puis, par dizaine de milliers, nous irions pousser un grand rire devant le siège du FLN, un de ceux qui puissent raisonner à leur faire crever le tympan. Vous verrez, ils ont toujours su où se placer, c’est juste en face du « Café Riche », ça ne s’invente pas. Il y aura certainement une personne pour me dire, « Boumédiene cela fait trente ans qu’ils ont leur siège ailleurs », probablement en face d’un café dénommé « Le offshore »..

Puis nous passerions devant les principales casernes de l’armée et nous montrerions nos fesses, ostentatoirement dénudées pour leur signifier le niveau de notre sentiment national à leur égard.

Des groupes se formeraient, qui à l’université pour des conférences, qui pour des visites guidées car il doit bien y avoir aujourd’hui des historiens de la ville, pas des trafiqués et aux ordres. Et même la visite de ce brave Houari que j’ai tellement moqué, vous lui présenterez mes excuses. Il faut dire qu’il m’a bien fait rire avec ses adeptes qui lui rendaient visite au mausolée.

Vous monterez à Santa Cruz où des historiens vous expliqueront, avec une erreur, que la peste s’est abattue deux fois dans de terribles conditions, raison pour laquelle s’érige ce monument qui est la marque d’Oran dès qu’on lève les yeux.

Je dis, avec une erreur, car ils omettront certainement de vous dire que la troisième épidémie de peste fut apportée par les abrutis qui se sont érigés en propriétaires de la mémoire et du martyr. Ce fléau aura certainement été le plus meurtrier pour la ville.

Voila mon rêve, je sais que je n’arrive pas à la cheville de ce Martin Luther King qui en a fait un de même nature et bien plus célèbre. Mais ses mots, il les a payés de sa vie pour qu’on puisse, tous, nous les approprier, célèbres ou anonymes.

Mes amis, ce serait chouette si nous recommencions à zéro et que nous partions de nouveau d’un autre pied, du bon. Sans les abrutis, cette fois.

Mais, attention, il est certaines choses qui brisent les rêves car ils réveillent en sueur. N’invitez pas les anciens comptables, il y en a de trop à Oran.

Et surtout, ne vous amusez pas à brandir le fanion de la JSK car, de ce côté, la guerre est encore vivace, nous la réglerons sur le terrain. Je l’avais déjà dit dans de nombreux posts. Faut pas pousser sur ma fibre nationale !

Je ne serai pas avec vous mais combien je serais fier et heureux de partir définitivement avec la plus belle image que vous m’aurez offert de ma ville.

Je vous aime.

PS : pour la visite aux lions, vous placez les plus belles devant eux, comme celles des photos. C’est qu’ils sont exigeants, ces coquins, on risquerait la bourde diplomatique.

Boumedien SIDI LAKHADAR

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